D'abord poser la règle du jeu, comme il convient à toute peinture de contrainte: préparer une quantité déterminée de pigments et d'huile, s'y tenir, et en couvrir une toile écrue, en bandes. Dans le sens de la lecture, occidentale ou arabe.

Du pigment pour des tableaux sabliers, car inévitablement le manque de peinture à venir nous fait signe.

"Se refusant à une lecture exclusivement spatiale, les "Temporelles" renvoient à ceci que temps il y a, horizon et espace de toute présence." Alexandre Schild, philosophe

 

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On peut discerner trois types de temporalité actifs dans les "Temporelles": le temps de l'exécution du tableau, celui du séchage des huiles et celui de la durée de vie des toiles.

Ce n'est pas la durée minutée de la réalisation du tableau qui se laisse deviner, mais une quantité de matière qui s'amenuise; donnée à voir ainsi, celle-ci renvoie métaphoriquement à notre perception subjective de l'écoulement du temps. C'est cette transposition spatiale d'un phénomène temporel qui est appréhendée par le spectateur en première lecture, même si elle l'est souvent sous la forme d'un paysage asiatique, style baie de Halong, comme pour se réfugier dans un ailleurs exotique, hors-temps, et ne pas se frotter de trop près à l'inexorable étranglement de l'effet sablier.

Le temps du séchage des huiles ne heurtera que celui qui cohabite avec une de ces oeuvres; la préparation est très liquide et selon les pigments utilisés, mettra parfois des années à sécher complètement. Certaines pièces font même penser que cela n'en finira jamais, nous poussant à appeler le temps de toutes nos forces, à le convoquer ardemment, urgemment, car cette fois, il passe trop lentement. Tendus vers le séchage, comme l'on peut l'être vers une nouvelle qui se laisse désirer, dans un temps suspendu, nous sommes ou soulagés de constater qu'enfin ça y est, c'est sec, ou consternés de voir qu'il est trop tard, la tache est faite.

La durée de vie d'une Temporelle, où seule la toile écrue recueille la peinture oléagineuse, est plus courte que celle d'un tableau protégé par une couche de gesso. Quelques dizaines d'années sans doute, plutôt qu'une ou deux centaines. Proches au fond de la vie d'un homme. Risquant de se désagréger en lambeaux effilochés, la toile porte le temps dans sa chair. Dégradation programmée, ruine en puissance qui doublera celle de son propriétaire.