Pour que virtuel ne soit pas systématiquement associé à numérique. Après tout (ou avant tout), virtuel existait avant Apple (même si cela rime). Virtuel c'est, dans un sens scolastique, ce dont l'existence n'est pas incarnée (actualisée serait plus précis), c'est une promesse, un avenir, comme l'arbre dans la graine.

Alors l'empreinte ? En principe, clairement un indice, par exemple d'un ours qui a laissé la trace de sa grosse patte dans la boue. Celui qui a vu l'ours a vu le patron de l'empreinte, mais celui qui ne voit que l'empreinte, tout en sachant qu'il s'agit de celle d'un ours, peut rêver d'un autre ours, et du coup, l'empreinte, déjà indice de cet ours-là, disons l'ours Martin, porte en elle un autre ours, propre à chacun. L'indice deviendrait alors la matrice d'un ours virtuel, tout en restant l'indice d'un ours actuel (vivant); l'empreinte serait une interface entre l'actuel et le virtuel.

Œuvres empreintes d’œuvres, devenues traces d’elles-mêmes et échappant à toute classification: papiers ayant accueilli la production de photographies peintes, vases de bois recyclés en presse à peinture, formes animales nervurées, héritages de Supports/Surfaces et ombres familiales transposées sur plexiglas…